J’ai tellement rien à écrire ces jours-ci que, comme des fois ça m’arrive, j’ai été repiquer du nez dans les vieilleries, les pas trop, les pas tant, les pas loin. Et j’ai retrouvé ça, un truc écrit la dernière fois que j’ai arrêté la clope. Vu que ça m’a repris, depuis un peu plus d’une semaine, ça m’a pas fait de mal de le relire : ma motivation, comme on dit au goût du jour, à force d’en avoir aucune nulle part peut-être ? On se donne des importances, c’est dérisoire, et puis à côté de ça, souvent, l’importance qu’on a vraiment, on s’assied dessus, on n’y pense pas…
J’avais donc arrêté, encore un coup, et purée de moi, ça doit être la dix-huitième fois au moins, mais si j’ai pas le mérite de la volonté (enfin, faut croire…), j’ai peut-être celui de l’opiniâtreté : j’ai beau échouer, j’y reviens et je recommence. Ah ! faut se trouver quelque chose de bon, des fois, sinon, on se coulerait tout vif dans le béton, on en parlerait plus.
Dans ce poème, qui doit avoir un an peut-être, j’arrêtais déjà, et je me racontais pourquoi. J’avais de bonnes raisons, ça se discute pas, et la dernière fois que j’ai rallumé la cheminée, j’aurais dû me le relire ; pas que ce soit un morceau d’anthologie, mais histoire de me remettre des essentiels en mémoire. Tiens, je devrais me l’imprimer, un p’tit papier à me traîner dans le larfeuille, à ressortir de temps à autre, quand c’est pas loin de flancher…
En attendant, je vous le laisse à lire (oh… comme c’est joliment dit…), pour rattraper la disette d’inspiration de ces derniers jours…
Un plaisir pour ma toute belle,
un geste qui comptait :
qu'elle ait plus peur de me compter
parmi les regrettés
du dernier coup de pelle
Puis être là pour mes princesses,
les voir s’épanouir...
Un de ces jours, les grands soupirs
qui viendront les cueillir
entre l’amour et ses promesses…
Et me sentir vieillir, vieux con
Pas trop non plus, j'espère…
Essayer de faire un bon père,
un vrai, qu'elles aimèrent
même quand elles m'oublieront.
C'est pas beau de chercher la mort,
de se frimer avec,
et s’y laisser aller, pauv' mec,
jusqu'à crever tout sec,
quand on a eu la chance encor'...
Quand elle a retiré sa faux,
« P'tit con ! allez, dégage !
Mais gaffe ! tu me dois un gage :
Plus droit au dérapage ! »
J'ai pas cherché le dernier mot...
Elle me garde au coin de l'œil,
de temps en temps, passant
comme un coup de froid dans mon sang
et sur le palpitant.
« T'aimes encor' l'odeur du cercueil ? »
Je l'aime plus, non, je crois pas,
l'odeur du sapin, rude...
J'avais juste pris l'habitude
au temps des solitudes
de chercher le diable où il va...
C'est plus d'époque, cette errance !
Et malgré tout ce noir,
ces nuits plus à vivre qu'à voir,
j’écris un mot : "Espoir",
à l'encre des rêves d'enfance.
Alors, j'ai craché mon mégot
ma sucette de lâche,
C’est des belles choses qu’on gâche
quand l’ancien se remâche,
qu'on se le traîne sur le dos.
J'ai clopé la dernière un soir,
sans même le plaisir,
« T'es la dernière à me pourrir ! »
j'avais rien d'autre à dire.
Il était juste temps... d'y croire !

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